What is Love ?
Nous marchions plutôt lentement depuis notre fuite in extremis de l'appartement de location,
et nous allions bientôt rejoindre l'hypertube qui nous conduirait au Centre. Nous descendîmes les étages et finîmes par atteindre l'entrée du tube². Direction, le Centre, nous nous installâmes
dans un compartiment fermé, et nous assîmes enfin.
"Tu peux me dire maintenant pourquoi tu veux aller au Centre ?
Il me regardait l'air légèrement inquiet.
- Je pourrais y avoir accès à la banque de donnée du Centre, et savoir s'ils sont impliqués avec les IA pour ma récupération. Si non, on pourrait demander de l'aide aux humains, si oui…
- Si oui ?
Il avait l'air inquiet maintenant, et ses yeux attendaient impatiemment une réponse de ma part.
- Il y a deux solutions,…
- Si l'un d'elle est te rendre, tu peux la supprimer tout de suite de ton esprit.
Me coupa-t-il.
- Il y a donc une seule solution, fuir en dehors de la cité, de la ville technologique.
Il me prit la main et m'embrassa, de la façon la plus tendre qu'il me soit arrivé de goûter.
- Mais comment comptes tu consulter leur banque de donnée ? Cela doit sûrement être ultra réglementé !
- Euh, mon corps cybernétique n'est fidèle au corps humain à cent pour cent. J'ai des capteurs à impulsions électroniques au bout des doigts. Ils me permettent de communiquer avec n'importe quel
branchement électrique.
Il me regardait avec des yeux ronds, et regarda de plus près la main qu'il tenait dans les siennes.
- Des capteurs ? Dans cette main ? Incroyable !"
Il rit aux éclats et mis ses bras autour de mes hanches, et posa son front contre le mien. Nous restâmes le reste du trajet collé ainsi, et nous le serions resté plus longtemps si nous avions
pu.
Je ne savais absolument pas à quoi ressemblait le centre vu de l'extérieur, et Hatsu me dit que c'était un cube géant, orienté de telle façon qu'un sommet soit pointé vers le pôle astronomique,
c'est-à-dire, vers l'étoile du nord, et que ce cube était enfoui à moitié dans le sol. Cela paraissait gigantesque, grandiose. Une foule inconcevable se déplaçait dans des couloirs aussi larges
que des autoroutes, on se sentait dans ces grandes allées, comme dissous dans un tout, échappant à notre capacité de réflexion. Je sentais dans tout cet édifice des lignes électriques
monumentales, des fibres optiques parcourues par des milliards d'impulsion électroniques, des immensités de signaux se déplaçant à la vitesse de la lumière, et je les sentais tous, autour de moi.
Hatsu qui me regardait, en extase, comprenait que je saisissais bien plus qu'un simple humain ne le pouvait. Je suivi alors une ligne qui me semblait assez importante mais pas trop, pour ne pas
être trop protégée, elle traversait les murs et ce fut assez difficile de la suivre. Elle finit par traverser des toilettes où j'emmenais Hatsu avec précipitation. Il me regardait religieusement,
en train de chercher l'endroit d'où je me connecterais, je trouvai finalement un fil passant à la surface. Je déchirais alors avec mes ongles sa gaine protectrice et enfonçai mes ongles dans le
tressage de câbles. Je sentis alors des frissons inonder mon corps tandis mon esprit était transféré dans le réseau du Centre. Je naviguais, cherchais dans le moindre recoin du réseau le moindre
document à propos des IA, mais rien n'y faisait. Je finis par tomber sur une porte noire IA. Que faisait elle sur un réseau humain ? Rien ne pouvait être plus étonnant que de trouver cela ici.
Mais si il y avait une présence IA, cela n'avait aucun bon présage. Je m'engageai alors dans la porte noire, je devais composer des milliers de lignes de codes, le système de la porte noire étant
très simple, elle s'ouvre seulement si on sait ce qu'elle ouvre, si on fait une erreur, elle s'ouvre sur une mémoire tampon temporaire, autant dire, sur le néant. Je rassemblais toutes les
données possibles autour de cette porte, je consultais toutes les archives pour savoir si elle avait été utilisée. Et enfin, le fichier m'apparut dans l'interface utilisateur d'un col blanc doué
en informatique qui avait découvert la porte noire. Il avait simplement noté "PC président sécurisé". La porte noire devait ouvrir l'accès à l'ordinateur du Président du Centre. Mais pourquoi les
IA avaient elles offert leurs capacité à son utilisation ? J'ouvrais la porte noire, et heureusement, ce fut la bonne destination. Ce fut une découverte des plus stupéfiantes. Aucune donnée de
l'ordinateur n'était composée en codage humain. Aucun doute, les IA travaillaient avec le président. Dans quel but ? Autrement étonnant, aucune détection de périphériques tels qu'un écran, ou
autre. Comme si c'était un Server. Mais étant donné les données, cela ne pouvait l'être. Dans mon investigation sur des documents à mon sujet, je finis par en trouver un. Je le téléchargeais
alors dans mon esprit dans le but de le consulter plus tard. Au moment où je lançais le téléchargement qui dura quelques millisecondes, je sentis une anomalie. Je n'étais pas dans l'ordinateur du
Président, mais en lui. La révélation était accablante. Le Président de l'humanité, un cyborg ? Il m'avait évidemment détecté quand j'eu téléchargé le dossier, je coupais alors toutes
communications, et réintégrai mon corps. Hatsu qui ne m'avait pas quitté des yeux semblait inquiet. Je me relevais et lui pris la main. Je courais maintenant dans les couloirs en direction du
tube².
" Notre seul espoir de survie, c'est de courir" Criai-je à Hatsu alors que l'alarme s'enclenchait.
