What is Love ?
Il regardait le plafond, souriant, et j'étais moi aussi, encore enivré de son corps. Sa main
était posée sur mon ventre, toute chaude et douce. Je la soulevai délicatement et lui posait sur son torse. Je me levai et me dirigeai vers la cuisine. Je savais qu'il me regardait, qu'il
regardant mon dos nu éclairé par le soleil qui faisait apparaître les poussières en suspension. J'éteignis la plaque chauffante et versai le café dans nos tasses. L'odeur du café ravissait
toujours mes narines. Il se leva à son tour arrachant le drap du canapé, et s'enroula dedans, puis vint s'asseoir à la banque qui séparait la cuisine et le salon.
"Tu vois, je n'ai jamais connu d'humain aussi humain et sensible que toi. C'est un comble tout de même ! Mais ce fut une des extrêmement rare fois où ce n'était pas que sexuel.
Je souris à son explication, mais sa dernière phrase restait occulte à mon esprit.
- Comment ça pas que sexuel ? Enfin, les humains utilisent souvent des métaphores, des images que je ne saisis pas.
Il acquiesça d'un mouvement de tête.
- Pas que sexuel signifie que je l'ai fait parce que je t'aime beaucoup Yuki, nous les humains avons ce que nous appelons sentiments envers d'autres personnes. Cela veut dire que nous sommes
sensibles à d'autres.
- Si je comprends bien alors, l'amour fait parti des sentiments. Et le siège des sentiments est le cœur.
Je commençais à comprendre toutes dénominations.
- Il n'y a donc pas d'amitié ou d'amour chez les IA ?
Cette question me paru absurde, mais sûrement devait elle être autant que la mienne.
- A vrai dire, nous avons des relations hiérarchiques, et donc liées au respect. On peut avoir de la reconnaissance envers une IA qui fait exactement ce qu'elle devrait faire et qui y réussit.
Mais d'amour non. L'amitié pourrait se traduire par les IA que nous avons l'habitude de fréquenter.
- C'est triste tu ne trouves pas ?
- Etant donné que je suis soumis aux relations humaines, oui, c'est un manque. Sans doute ai-je été créé dans le but d'y remédier.
- En tout, Yuki, sache que je t'aime, et que tu importes beaucoup à mes yeux.
J'en fus touché au plus profond de mon corps de cyborg. Mon cœur se réchauffait.
- Tu comptes beaucoup pour moi aussi Hatsu. Je ne veux plus jamais être éloigné de toi."
"Qu'est ce qui s'est passé ? Je t'ai vu stupéfait dans la rue principale !
- Je… euh, je ne t'avais pas dit, mais je suis un exilé chez les IA. Après notre rencontre, je fus au centre des IA pour leur faire un bilan, et j'ai volontairement omis de parler de toi et
de l'incident. Mais on ne peut mentir aussi facilement à des IA que l'on peut le faire avec des humains. Et toutes IA mentant ou étant désignée comme troublée est potentiellement dangereuse, ou
présente hypothétiquement une avarie. Et pour éviter d'être archivé, je me suis enfui, je ne pouvais me résoudre à ne plus jamais te voir. Et tout à l'heure, j'ai vu un cyborg dans la foule qui
se dirigeait vers moi. Ils doivent essayer de me retrouver, c'est bien ce que je pensais, il m'ont créer pour percer les secrets des relations des humains, peut être ai-je une utilité encore plus
importante que ça, une importance particulière…
- Stop, tout va mieux, on est à l'abri là, calme toi.
Je ne m'étais pas aperçu que je paniquais et que je m'affolais, perdu dans mes conjonctures.
- Oui désolé…
- Tu es donc poursuivi par des IA, chez les humains tu es à l'abri…
- Et encore, je crois savoir qu'il y a toujours un racisme envers les IA. Vous avez intégré les droïdes, serviles et ignorants, mais quand il s'agit d'intelligence analogue à la vôtre…
Il venait de me lâcher la main, il me regardait sombre et avait les sourcils froncés.
- Tu oses m'intégrer dans le tas. Je pensais que tu savais que je ne pense pas ça.
Comment avais-je pu faire cette erreur. Hatsu était l'humain le plus éveillé et tolérant que j'avais connu, et dans mon emportement je l'avais compris dans la généralité des humains.
- Pardon, je suis vraiment désolé, évidemment que non, tu es le plus merveilleux être que je connaisse Hatsu, je suis désolé…
- C'est pas grave mais fais attention, c'est blessant."
A ce moment là, trois hommes en costard entrèrent dans le bar, et le silence s'y fit.
