What is Love ?
Le seul être pensant dont je désirais la présence était à mes côtés, enfin. Je marchais à
côté de lui, ne rien disant, écoutant son silence, nous faufilant dans les interminables avenues du centre ville. Nous arrivâmes finalement devant une porte qui s'ouvrit automatiquement à son
approche. Il m'invita à pénétrer son appartement, un sympathique deux pièces dont les fenêtres donnaient sur la rue animée. Il s'assit dans son canapé et m'invita à s'asseoir à sa droite. Je
m'exécutai, ne pouvant détacher mes yeux de son regard exalté.
"Cela fait longtemps…
Il avait dit ces mots dans un soupir mélancolique, mais attendrissant.
- Que s'est il passé après que je me sois évanoui ?
Son léger sourire cessa, il baissa les yeux et pris ma main entre les siennes.
- Le service d'ordre est arrivé et ils ont tout de suite appelé les soins, tu baignais dans ton sang. Nous avons été séparés et après que je me sois rétabli, j'ai essayé de te retrouver. J'ai donc
demandé à tous les services hospitalier s'ils avaient ou avait eu un Kyogi, et les seuls résultats que j'eu furent un homme d'une soixantaine d'année et un enfant de quatre ans. Je me suis donc
rendu au centre de l'ordre chez qui j'ai demandé ce que tu été devenu après notre éloignement. Ils m'ont donc répondu que tu avais été hospitalisé. Je ne comprenais alors pas pourquoi je ne t'avais
pas trouvé. Je leur ai demandé ton nom, et ils ont refusé de me répondre, répliquant que cela ne regardait pas un civil.
Il me regardait à présent, attendant une réponse dans son regard. Je n'avais pour l'instant que lui, c'est le seul être qui m'importait, alors autant tout lui dire.
- Je ne suis pas humain.
Je lis son étonnement sur son visage, puis il rit.
- Tu es alors le plus mignon des non-humains que je connaisse.
L'instant de peur qui était apparu en moi se volatilisa, et je souris avec lui.
- Je suis un cyborg, une IA dans un corps en partie humain. J'étais à l'origine, dédié à l'étude des humains, je devais analyser leurs mœurs relationnelles. Mais depuis l'incident du pub. J'exècre
cette espèce, je la hais, incapable de créer quelque chose sans que d'autres détruise en compensation. L'espèce humaine est basée sur la destruction et le plaisir de faire souffrir, la violence
gratuite est l'art par définition humain, car c'est la leur façon d'exprimer leur incapacité à raisonner. L'espèce humaine est une entité qu'on a surestimée.
Il y avait une sorte de compassion dans ses yeux, et je le vis me dire inquiet :
- Tu…, tu penses la même chose de moi ?
Je levai à nouveau les yeux vers lui, interloqué.
- Non absolument pas, tu es l'humain qui a su le plus m'intéresser, et le seul que j'eu trouvé intéressant par essence. J'ai même développé un certain attachement sans nom à ton
égard."
Il s'approcha de moi et me pris dans ses bras, je fus assez surpris de son geste, puis me détendit. Son contact était doux et rassurant, je ne me sentais plus à ce moment
là, seul. Il m'allongea sur son canapé et m'embrassa. Ses lèvres, plus que la première fois, embrasèrent les miennes. J'adorais ce moment du plus profond de mon corps synthétique. Il me caressait
la peau de ses mains fines et douces, en me souriant, ce qui avait pour effet de me rassurer. Je lui rendais en retour des caresses incertaines, hésitantes. Nous passâmes la nuit là, à nous
découvrir et nous apprécier. Ce fut la plus belle nuit de ma courte vie.
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